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Réclamer le « tramp stamp »

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Quand j'ai commencé à tatouer en 2005, les choses étaient vraiment différentes d'aujourd'hui. Dans un sens, le tatouage était moins répandu dans la population générale, mais de l’autre, pour la minorité des gens concernés, il y avait moins de stigmates impliqués. Y avait quelque chose d’un peu plus personnel, de moins politique, voire un peu plus primal dans l’acte, et comme on faisait ça davantage en privé, les jugements étaient souvent évités.  Un « tramp stamp », on appelait tout simplement ça un  « lower back tattoo » et dans ces années, j’en ai fait beaucoup. C'était considéré comme la quintessence du tatouage féminin, parfois sexy, parfois simplement  « bad ass ». Un petit jeans taille basse ou un chandail un peu plus court, quand on feel coquette ou rebelle : ça n'a tué personne à l'an 2000, et toujours pas en 2021. Un chandail un peu plus long et hop, c'est caché. Assez modeste comme choix d'emplacement si vous voulez mon avis de fille tatouée da

La vie en analogue

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Avec la pandémie, j’ai senti un besoin critique de stepper back des réseaux sociaux. J’ai réalisé à quel point cet environnement est toxique et générateur d’anxiété, propagateur de désinformation et créateur de dépendance. Le genre de choses qu’on sait déjà, mais qu’on oublie beaucoup trop facilement.  Suivant le sevrage initial, le résultat dans mon humeur, ma capacité de me concentrer et ma productivité générale ont été remarquables, mais aussi la qualité de ma PRÉSENCE. Avec les autres (surtout mon fils vu les circonstances) mais en particulier la présence avec moi-même et la présence avec la vie. J’ai d’ailleurs repris la méditation pas longtemps après et entrepris de scanner mes pensées de façon plus systématique : d’écouter en dedans. M’est venu un retour sur des concepts très terre à terre, l’essentiel, et je ne parle pas de faire mon propre pain ou de changer mes produits ménagers pour du bio.  Dans mon métier d’artiste, j’ai choisi à la base une discipline très CHARNELLE, à l’

Crown

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 Alors que ce voyage des sept chakras touche à sa fin, c'est avec une grande joie que je repense au premier dessin et que je vois tous les progrès qui ont été réalisés en un peu plus d'un an. Pour être honnête, ce projet a commencé il y a de nombreuses années. J'avais l'intention de créer du «grand art» inspiré de l'ouverture des chakras et j'avais un dossier complet des idées majoritairement florales que je voulais y intégrer, mais le projet semblait toujours trop grand, ou je n'avais pas les compétences pour actualiser ma vision. La première image de chakra m'est venue lors du confinement du printemps dernier car j'avais grand besoin de grounding, et je pouvais sentir les énergies de la terre m'appeler, me demandant de laisser la réalité virtuelle derrière, la course sans fin à la renommée, à la reconnaissance et à la validation. Tout ça ne faisait que créer davantage de détresse et d'anxiété dans un monde déjà assez affligé comme ça. Tout

Mahakali et le féminin divin

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Au niveau physique et personnel, il m'est facile de m’identifier aux aspects les plus sombres et les plus destructeurs du féminin divin. Naître dans un corps de femme n'est pas une blague. Depuis mon plus jeune âge, je me bats avec les attentes : j'étais à la fois indignée et incrédule face aux règles imposées à mon corps et à mon comportement. Je ne les comprenais tout simplement pas. J'ai eu la chance de grandir dans une famille alternative qui a embrassé mes différences, mais la vie en société m'a rapidement remis à ma place : ma confiance en moi a diminué et j'ai commencé à me demander ce qui n'allait pas chez moi. Évidement, je voulais être aimée, et la seule façon de l'être semblait à travers la servitude envers le sexe masculin, en refoulant mes aspérités dans une douceur agréable, me pliant à une sexualité servile, en devenant une coquille vide à remplir de la volonté et aux désirs d'un autre. Je me suis retrouvée dans de nombreuses situation

Le dedans et le dehors

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Self-creation is the highest art. -David Zindell Je ne me suis jamais vraiment intéressée ou identifiée à mon corps comme témoin de mon identité. Même petite, j’avais de la difficulté à comprendre pourquoi j’y étais limitée. En fait, j’étais limitée par les étiquettes qui m’étaient apposées (d’être un enfant, d’être une fille). Au pire, mon corps je l’ai négligé la majorité de ma vie, en essayant d’exister autant que possible dans ma tête et loin de l’inconfort physique et des souffrances qu’il m’apportait (j’ai été beaucoup malade enfant, malmenée adolescente, puis souffert d’un gros surpoids comme adulte). Au mieux, mon corps je le vois maintenant comme mon véhicule. Un véhicule dont j’aime prendre soin et conserver le plus longtemps possible, et que j’aime décorer, comme les autres choses qui m’entourent et se veulent miroirs de ma personnalité (ma maison, ma voiture, etc.). Avec les années je me suis vu fluctuer dans les styles et différents courants esthétiques. J’ai essayé différ

Des choses qui font pas de sens

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J'ai pris quand même beaucoup de drogues dans ma vie, surtout des psychédéliques, et des fois je me demande à quel point mon cerveau en est affecté. Je me dis souvent que mes préoccupations quotidiennes sont complètement déjantées. De façon parallèle, j'ai toujours dealé avec certains problèmes psychologiques. Chaque épisode dépressif, chaque anxiété existentielle est comme une vague qui me ramène encore et encore aux mêmes angoisses spirituelles mais aussi à de nouveaux niveaux de résolution puis à des moments subséquents de réalisation et de guérison.  J'ai l'impression année après année de ressasser les mêmes sujets et les mêmes idées. Dans ma tête mais aussi dans tous les médias spirituello-bien-pensants auxquels je suis exposée. En ce moment, écœurée net de virer en rond dans les mêmes concepts, même si le cirque est bien connu et confortable, célébré même, POPULAIRE, j'ai envie de faire un virage à 90 degrés sur la tangente et me perdre pour de bon dans ce qu&

2020

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Je me sens presque coupable d'admettre que, pour moi, 2020 fût une année fantastique. Malgré un début difficile et un épisode dépressif écrasant pour le premier trimestre, une fois que tout dans le monde a été mis sur pause, j'ai vécu un revirement personnel comme jamais auparavant. Les révolutions ne sont jamais faciles ni confortables. D'abord, j'ai dû paniquer, être en colère, pleurer, avoir peur et me fermer pendant un moment. Mais une fois que j'ai eu fini capoter, un immense sentiment de calme et de clarté a commencé à me submerger. J'ai eu des semaines de solitude et le manque de mes sources habituelles de distractions pour vraiment reconnecter avec moi-même, avec ce qui compte vraiment pour moi et ce que je veux faire de ma vie. Et après cela, j'ai eu du temps pour prendre des mesures actives vers le style de vie simple et sain dont je souhaite profiter pour le reste de mes jours. Je suis consciente (et infiniment reconnaissante) d'être l'une